ALUR 42

Financer sa formation · Mis à jour le

Changer de statut en cours de cycle triennal

Les heures déjà validées restent acquises. L'obligation de formation continue est personnelle, elle suit le professionnel et non l'entreprise, et les attestations délivrées à votre nom valent quel que soit le statut sous lequel vous les avez obtenues. Ce qui change, c'est le financeur : il est déterminé par le statut sous lequel vous cotisez au moment où la formation démarre. Un dossier déposé par un ancien employeur devient caduc si vous quittez l'entreprise avant le début de l'action. Conservez vos attestations, refaites le total des heures sur le cycle en cours, et identifiez le nouveau financeur avant de vous inscrire à nouveau.

Un changement de statut ne remet pas le compteur de formation à zéro. Il remet en revanche à zéro tout ce qui touche au financement, et c'est là que les dossiers se perdent.

CCI, Chambre de commerce et d'industrie

Toutes nos formations sont acceptées par les CCI pour le renouvellement de votre carte professionnelle.

Attestation conforme au décret n° 2016-173

Ce qui suit la personne et ce qui reste à l'entreprise

L'obligation posée par l'article 3-1 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 et précisée par le décret n° 2016-173 du 18 février 2016 pèse sur les personnes : titulaires de la carte professionnelle, représentants légaux et statutaires, collaborateurs habilités. Elle ne pèse pas sur une structure.

Il en découle que les heures validées vous appartiennent, comme les attestations qui les constatent. Un négociateur qui quitte son agence emporte son historique de formation, même si l'agence a payé, même si le dossier a été monté par elle.

Ce qui reste à l'entreprise, ce sont ses obligations propres : la carte professionnelle du titulaire, les habilitations qu'elle a délivrées, et son plan de développement des compétences. Ces éléments ne vous suivent pas, et c'est la raison pour laquelle un changement de statut impose de reprendre le sujet à zéro côté administratif.

Le cycle ne redémarre pas, mais il faut savoir où il en est

Le cycle de trois ans se cale sur la validité de votre titre. Un changement d'employeur ou de statut ne l'interrompt pas et n'ouvre pas un nouveau cycle : ce qui compte reste le total des heures validées sur la période de référence et la couverture des thèmes imposés, dont la déontologie.

La première chose à faire est donc un inventaire. Reprenez chaque attestation, notez la date, le nombre d'heures et les thèmes, et additionnez sur la période du cycle en cours. C'est un exercice de dix minutes qui évite les mauvaises surprises au renouvellement.

Cet inventaire doit être fait au moment du changement, quand vous avez encore accès à vos interlocuteurs. Le reconstituer deux ans plus tard, après un départ mal vécu ou la disparition d'un organisme, est nettement moins agréable.

De salarié à indépendant

C'est la transition la plus fréquente dans l'immobilier : un négociateur salarié devient agent commercial ou crée sa structure. Ses heures déjà validées restent acquises, mais son circuit de financement change du tout au tout.

Il quitte le monde de l'OPCO, où l'employeur déposait pour lui, et entre dans celui des fonds d'assurance formation des non-salariés, où il devra déposer lui-même. Il découvre du même coup une condition qu'il ne connaissait pas : la nécessité d'avoir versé une contribution à la formation professionnelle pour ouvrir des droits.

Cette condition crée un trou en début d'activité. Une personne qui vient de s'installer n'a pas encore de contribution constatée et ne peut pas toujours prétendre à une prise en charge immédiate. Si l'échéance approche, il faut alors autofinancer plutôt que d'attendre, quitte à solliciter le fonds pour les heures suivantes.

D'indépendant à salarié

La transition inverse est plus confortable, parce qu'elle vous fait entrer dans un circuit où quelqu'un d'autre porte la démarche. Vos heures antérieures restent acquises, et vous les faites valoir en produisant vos attestations.

Signalez à votre nouvel employeur, dès l'embauche, où vous en êtes de votre cycle. C'est une information qu'il ne peut pas deviner et dont il a besoin pour son plan de développement des compétences. Un collaborateur qui arrive avec vingt heures déjà validées ne se traite pas comme un collaborateur qui arrive à zéro.

Attention à un détail qui coûte cher : la contribution que vous avez versée en tant qu'indépendant n'ouvre pas de droits auprès de l'OPCO de votre nouvel employeur, et réciproquement. Les deux circuits ne communiquent pas, et rien ne se transfère.

Le dossier déposé sous l'ancien statut

C'est le point le plus concret et le plus souvent négligé. Un accord de prise en charge est attaché à un demandeur, à un bénéficiaire, à une action et à des dates. Si le lien qui justifiait la demande disparaît avant le début de la formation, l'accord n'a plus d'objet.

Un salarié qui quitte l'entreprise entre l'accord de l'OPCO et le démarrage de la formation ne peut donc pas emporter le financement avec lui. Il devra redéposer sous son nouveau statut, auprès du nouveau financeur, et respecter à nouveau le délai d'antériorité.

Si la formation a commencé avant le départ, la situation dépend de l'organisme financeur et des règles de régularisation qu'il applique. Signalez le changement plutôt que de laisser le dossier se dénouer seul : une régularisation anticipée se traite, une incohérence découverte au moment du règlement se conteste.

Le cas du cumul de statuts

Certains professionnels conservent un contrat de travail à temps partiel tout en développant une activité indépendante. Ils cotisent alors sur deux circuits et disposent de deux rattachements distincts.

Ils ne peuvent pas faire financer deux fois la même action, et les financeurs demandent une déclaration en ce sens. En revanche, ils peuvent choisir le circuit le plus adapté à leur calendrier, ou faire porter des actions différentes par chacun.

Le critère de choix est pratique plus que juridique : le délai d'instruction, le mode de règlement, et la nécessité ou non d'associer l'employeur à la démarche. Le dossier consacré au choix du financeur selon le statut détaille ces arbitrages.

Le changement de forme juridique

Passer d'une entreprise individuelle à une société, ou modifier la répartition du capital d'une SARL, peut vous faire changer de régime social sans que votre activité bouge d'un pouce. Un gérant qui devient majoritaire quitte le régime des assimilés salariés pour celui des travailleurs non salariés, et son financeur change avec lui.

Ces bascules se produisent souvent à une date qui n'a rien à voir avec votre cycle de formation, et personne ne vous alerte. Prenez l'habitude de poser la question de la formation lors de toute modification statutaire, au même titre que celle de la protection sociale.

Un point mérite une vigilance particulière : le mandataire social sans contrat de travail se voit fréquemment opposer un refus par un OPCO, qui instruit des dossiers de salariés. Interrogez l'organisme par écrit avant de vous inscrire, plutôt que d'extrapoler à partir de votre bulletin de rémunération.

La radiation, la reprise, l'interruption

Une interruption d'activité ne suspend pas la validité de vos attestations. Les heures validées restent acquises, et vous les produirez au moment utile.

Elle affecte en revanche vos droits à financement, qui reposent sur des contributions récentes. Une reprise d'activité après plusieurs années d'interruption vous replace dans la situation d'un professionnel qui démarre, avec le même délai avant l'ouverture de droits.

Si vous êtes sans activité au moment où vous devez vous former, la voie à explorer est celle de France Travail, dont les aides individuelles peuvent financer une action nécessaire au retour à l'emploi. La demande passe par le conseiller référent, avant l'entrée en formation.

Changer d'agence sans changer de statut

Rester salarié en changeant d'employeur paraît anodin du point de vue de la formation. Ce n'est pas toujours le cas : si la nouvelle entreprise applique une autre convention collective, elle relève d'un autre OPCO, et le circuit de financement change alors qu'aucun élément de votre situation personnelle n'a bougé.

Concrètement, une agence de transaction et un cabinet d'administration de biens peuvent ne pas dépendre du même organisme. Le code IDCC porté sur votre nouveau bulletin de paie vous le dira dès la première paie, et c'est le réflexe à avoir plutôt que de supposer une continuité.

Vos heures, elles, ne bougent pas. Elles restent acquises et se produisent de la même façon au renouvellement. Seule la personne qui déposera la prochaine demande, et l'organisme auprès duquel elle la déposera, sont différents.

Ce que devient votre habilitation

L'habilitation d'un collaborateur est délivrée par un titulaire de carte professionnelle déterminé. Elle est adossée à sa carte, et elle ne vous suit pas lorsque vous quittez la structure : c'est le nouveau titulaire qui devra vous en délivrer une.

Ce mécanisme surprend souvent les professionnels qui confondent l'habilitation, liée à l'entreprise, et l'obligation de formation, liée à la personne. La première se refait à chaque changement, la seconde se poursuit sans interruption avec les heures déjà validées.

Au moment d'une nouvelle habilitation, le titulaire vous demandera généralement où vous en êtes de votre cycle. Présentez vos attestations : cela accélère la démarche et évite qu'on vous inscrive à des heures que vous avez déjà validées.

La check-list du changement de statut

Réunissez vos attestations et faites le total des heures et des thèmes sur le cycle en cours. Notez la date d'échéance de votre carte ou de votre habilitation, et le nombre d'heures restant à valider.

Identifiez ensuite votre nouveau financeur à partir de votre nouveau statut, et vérifiez la condition d'ouverture des droits : contribution versée pour un indépendant, contrat de travail et bulletin de paie pour un salarié. Cette vérification se fait avant de vous inscrire, jamais après.

Vérifiez enfin qu'aucun dossier n'est resté en suspens sous l'ancien statut. Un accord non soldé, une attestation non transmise ou une facture en attente se règlent bien plus facilement dans les semaines qui suivent le changement que six mois plus tard.

Ce qu'il faut demander avant de partir

À votre employeur, si vous quittez un poste salarié : la copie de vos attestations de formation, et l'état de vos heures validées. Ces documents vous appartiennent, et il est infiniment plus simple de les obtenir avant le départ.

À votre organisme de formation : une attestation détaillée, avec les dates, les heures et les thèmes, ainsi qu'un duplicata si vous avez perdu une pièce. Le dossier consacré à l'attestation précise ce que ce document doit porter.

À votre nouveau financeur : la liste des pièces attendues et la condition d'ouverture de droits applicable à votre situation. Cinq minutes au téléphone en début de parcours valent mieux qu'un refus trois mois plus tard.

Questions fréquentes

Mes heures déjà validées sont-elles perdues si je change de statut ?
Non. L'obligation de formation est personnelle et les attestations sont établies à votre nom. Les heures restent acquises sur votre cycle en cours, quel que soit le statut sous lequel vous les avez suivies.
Le cycle triennal redémarre-t-il quand je change d'employeur ?
Non. Le cycle se cale sur la validité de votre titre, pas sur votre contrat. Ce qui compte reste le total des heures et la couverture des thèmes imposés sur la période de référence.
Puis-je conserver un accord de prise en charge obtenu par mon ancien employeur ?
Non si vous quittez l'entreprise avant le début de la formation : l'accord perd son objet. Vous devrez redéposer sous votre nouveau statut, auprès du nouveau financeur, en respectant à nouveau le délai d'antériorité.
Je viens de m'installer en indépendant, ai-je droit à un financement ?
Cela dépend de la condition d'ouverture de droits appliquée par votre fonds, qui repose sur le versement effectif d'une contribution. Posez la question dès l'installation, car la réponse conditionne toute votre première année.
Mes droits acquis en tant qu'indépendant se transfèrent-ils à l'OPCO de mon nouvel employeur ?
Non. Les deux circuits sont étanches et rien ne se transfère. Votre nouvel employeur ouvre un dossier neuf auprès de son propre OPCO.
Dois-je informer mon nouvel employeur de mes heures déjà faites ?
Oui, dès l'embauche. Il en a besoin pour son plan de développement des compétences et pour délivrer votre habilitation. Transmettez-lui une copie de vos attestations.
Que se passe-t-il si je quitte l'entreprise pendant la formation ?
Cela ouvre une question de régularisation dont les règles varient selon le financeur. Signalez le départ sans attendre plutôt que de laisser le dossier se dénouer au moment du règlement.
Un changement de forme juridique modifie-t-il mon financeur ?
Souvent, oui. Passer de gérant minoritaire à gérant majoritaire, par exemple, change de régime social et donc de circuit de financement, sans que votre activité change. Posez la question à chaque modification statutaire.

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Le parcours se suit entièrement en ligne, à votre rythme, déontologie et non-discrimination comprises. L'attestation de formation est générée automatiquement à la fin du parcours, et c'est elle que vous produirez à votre chambre de commerce.

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