ALUR 42

Offre d'achat : définition et règles en 2026

L'offre d'achat est la proposition par laquelle un candidat acquéreur se déclare prêt à acheter un bien à un prix et à des conditions déterminés. Selon l'article 1114 du code civil, elle comprend les éléments essentiels du contrat et exprime la volonté d'être lié en cas d'acceptation. Acceptée sans réserve, elle peut former la vente, parfaite dès l'accord sur la chose et le prix.

Aussi appelé : proposition d'achat, offre d'achat immobilier, contre-offre.

Textes relus sur Légifrance le 11/10/2026, 8 sources citées

Que dit le code civil sur l'offre ?

Depuis la réforme du droit des contrats entrée en vigueur le 1er octobre 2016, le code civil encadre l'offre à partir de l'article 1114. Celui-ci la définit : faite à une personne déterminée ou non, elle comprend les éléments essentiels du contrat envisagé et exprime la volonté de son auteur d'être lié en cas d'acceptation. À défaut, il n'y a qu'une invitation à entrer en négociation.

Pour une vente immobilière, les éléments essentiels sont le bien et le prix. Une offre qui désigne le bien et indique un prix ferme est donc une véritable offre. Une offre qui annonce seulement un intérêt, « autour de 300 000 € », relève plutôt de la négociation.

L'offre peut être librement rétractée tant qu'elle n'est pas parvenue à son destinataire (article 1115). Une fois parvenue, elle ne peut plus l'être avant l'expiration du délai fixé par son auteur ou, à défaut, d'un délai raisonnable (article 1116). Une rétractation faite en violation de cette règle empêche la conclusion du contrat, mais engage la responsabilité extracontractuelle de son auteur, sans l'obliger à compenser la perte des avantages attendus du contrat.

Offre acceptée : la vente est-elle conclue ?

Le contrat est conclu dès que l'acceptation parvient à l'offrant (article 1121). Et la vente est parfaite entre les parties dès qu'on est convenu de la chose et du prix, même si le bien n'est pas livré ni le prix payé (article 1583). Une offre au prix, acceptée sans réserve, peut donc valoir vente.

C'est pourquoi l'offre écrite doit dire ce qu'elle est. Si l'acquéreur entend subordonner son engagement à l'obtention d'un prêt ou à la signature d'un avant-contrat, l'offre l'indique. Les parties peuvent aussi prévoir que leur accord ne sera définitif qu'à la signature de l'avant-contrat.

L'acceptation doit correspondre exactement à l'offre. Selon l'article 1118, l'acceptation non conforme est dépourvue d'effet, sauf à constituer une offre nouvelle. Un vendeur qui répond « d'accord, mais à 310 000 € » ne conclut rien : il fait une contre-offre, que l'acquéreur est libre d'accepter ou non.

Offre d'achat et délai de rétractation de dix jours

Le délai de rétractation de dix jours de l'article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitation protège l'acquéreur non professionnel d'un immeuble à usage d'habitation. Lorsque la vente est précédée d'une promesse, synallagmatique ou unilatérale, ce délai ne s'applique qu'à cette promesse. C'est donc l'avant-contrat qui l'ouvre : le délai court du lendemain de sa notification ou de sa remise attestée. Sans avant-contrat, l'acquéreur dispose d'un délai de réflexion de dix jours sur le projet d'acte authentique.

Pendant la phase d'offre, l'acquéreur se protège autrement : par le délai de validité qu'il fixe, par la faculté de retirer son offre tant qu'elle n'est pas parvenue au vendeur, et par les conditions qu'il y inscrit. L'article L. 271-1 ne bénéficie qu'à l'acquéreur : le vendeur n'y trouve aucun délai de rétractation.

Le code de la construction et de l'habitation organise les versements de l'acquéreur à la conclusion de l'avant-contrat, pas à l'offre (article L. 271-2). Et l'article 6 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 interdit à l'agent de recevoir des honoraires avant que l'opération soit conclue et constatée par un acte écrit.

Ce que l'agent immobilier doit faire quand une offre arrive

Vérifiez d'abord votre pouvoir. Le mandat vous autorise en principe à rechercher un acquéreur et à transmettre les offres. Il ne vous autorise à les accepter au nom du vendeur que s'il le prévoit expressément, comme l'exige l'article 72 du décret du 20 juillet 1972. Sans cette clause, l'acceptation appartient au vendeur seul.

Faites formuler l'offre par écrit, datée et signée, avec l'identité complète de l'acquéreur, la désignation du bien, le prix, la mention des honoraires inclus ou non, le mode de financement et le délai de validité. Transmettez-la au vendeur sans délai et par écrit, y compris lorsqu'elle vous paraît trop basse : la décision lui appartient.

L'offre est aussi un bon moment pour identifier l'acquéreur au titre de la lutte contre le blanchiment, car c'est lui qui apporte les fonds. Attendre le compromis laisse moins de marge si un doute apparaît.

Conservez toutes les offres, acceptées ou non, avec leur date de réception et de transmission. En cas de litige avec le vendeur sur une offre refusée, ou avec un acquéreur évincé, cette chronologie est la base de votre défense.

Les erreurs qui coûtent cher

Accepter au nom du vendeur sans pouvoir. L'agent qui signe une acceptation sans autorisation expresse engage sa propre responsabilité. Le vendeur n'est lié par cet engagement que s'il le ratifie, expressément ou tacitement (article 1998 du code civil).

Accepter deux offres. Le contrat est conclu dès que l'acceptation parvient à l'offrant (article 1121). Accepter ensuite une seconde offre place le vendeur dans une situation inextricable, et l'agence avec lui. Tenez un suivi horodaté des offres reçues et des réponses envoyées.

Encaisser un chèque avec l'offre. L'article 1589-1 du code civil frappe de nullité tout engagement unilatéral d'acquérir un bien immobilier pour lequel un versement est exigé ou reçu de celui qui s'engage : l'offre elle-même tombe. À l'avant-contrat, l'article L. 271-2 n'admet un versement de l'acquéreur non professionnel avant la fin du délai de rétractation que si l'acte est conclu par l'intermédiaire d'un professionnel mandaté, et entre les mains d'un professionnel disposant d'une garantie financière affectée au remboursement des fonds déposés.

Exemple : de l'offre à la contre-offre

Exemple fictif. Un appartement est proposé à 320 000 €, honoraires inclus. Le 4 mars, un acquéreur remet une offre écrite à 300 000 €, valable cinq jours, financée par un prêt. Le 6 mars, le vendeur répond qu'il accepte à 310 000 €. Cette réponse n'est pas une acceptation : c'est une offre nouvelle du vendeur (article 1118).

Le 7 mars, l'acquéreur accepte par écrit le prix de 310 000 €. L'accord porte sur la chose et le prix. Les parties signent l'avant-contrat quelques jours plus tard, avec la condition de prêt. Le délai de rétractation de dix jours court alors à partir de la notification ou de la remise de cet avant-contrat, pas à partir de l'offre.

Questions fréquentes : offre d'achat

Une offre d'achat au prix oblige-t-elle le vendeur à vendre ?

En principe, non : le vendeur reste libre d'accepter ou de refuser l'offre qu'il reçoit. Le mandat lie le vendeur à l'agence, pas à l'acquéreur, sauf si l'agent a reçu le pouvoir exprès de s'engager pour lui (article 72 du décret du 20 juillet 1972). Les conséquences d'un refus envers l'agence dépendent des clauses du mandat.

Peut-on retirer une offre d'achat ?

Oui, librement, tant qu'elle n'est pas parvenue au vendeur (article 1115 du code civil). Après, elle ne peut pas être rétractée avant l'expiration du délai qu'elle fixe ou, à défaut, d'un délai raisonnable (article 1116). Une rétractation prématurée empêche la vente, mais elle peut engager la responsabilité extracontractuelle de l'acquéreur envers le vendeur.

Combien de temps une offre d'achat reste-t-elle valable ?

Le temps que fixe son auteur. Aucun texte n'impose de durée. Sans délai indiqué, l'article 1116 du code civil retient un délai raisonnable, apprécié au cas par cas. Mieux vaut donc toujours écrire une date limite précise : elle protège l'acquéreur, qui sait quand il est libéré, et le vendeur, qui sait jusqu'à quand il peut répondre.

Le délai de rétractation de dix jours court-il dès l'offre ?

Non. L'article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitation prévoit que, lorsque la vente est précédée d'une promesse synallagmatique ou unilatérale, le délai ne s'applique qu'à cette promesse. Il court à compter du lendemain de la première présentation de la lettre qui la notifie, ou du lendemain de sa remise attestée par le professionnel mandaté.

Couple soucieux lisant un document dans une agence

Validez vos heures 2026 avec la formation ALUR 42h Transaction

Ce terme fait partie du programme. Le parcours se suit en ligne, à votre rythme, non-discrimination et déontologie comprises. L'attestation est délivrée dès la fin du parcours, prête pour votre chambre de commerce.

4,8 sur 5, 493 avis vérifiés

Les textes de référence

Voir aussi dans le glossaire

Pour aller plus loin

Transaction et vente : les autres termes