ALUR 42

Matière de pratique professionnelle

Le mandat immobilier : forme, mentions obligatoires et exclusivité

Le mandat est la condition d'existence de la mission. L'article 6 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 impose un écrit avant toute négociation, et le décret n° 72-678 du 20 juillet 1972 en fixe les mentions : identité des parties, désignation du bien, prix, conditions de la rémunération et partie qui en a la charge, durée, numéro d'inscription au registre des mandats. L'absence d'écrit ou d'une mention essentielle prive le professionnel de son droit à rémunération, même si la vente se fait. L'exclusivité, elle, ne se plaide pas : elle se justifie par des engagements écrits et vérifiables.

Dans le parcours : module 05, Obtenir un mandat exclusif : prospection et découverte vendeur, 10h.

Ce que le mandat doit contenir, et ce qui le fragilise

Le mandat est écrit, daté, et inscrit par ordre chronologique sur un registre des mandats dont le numéro est reporté sur l'exemplaire remis au mandant. Cette double formalité, souvent traitée comme administrative, est la première vérifiée lorsqu'un honoraire est contesté.

Les mentions relatives à la rémunération sont les plus sensibles : montant ou modalités de calcul, et désignation de la partie qui en a la charge. Une rédaction floue se retourne contre le professionnel, parce que le texte protège le mandant et que le juge interprète en sa faveur.

La durée est une autre source de litige. Le mandat a un terme, et sa reconduction obéit à des règles précises quand le mandant est un consommateur, avec un droit de renonciation propre à certaines situations de démarchage.

Simple, semi-exclusif, exclusif

Le mandat simple laisse le vendeur libre de confier le bien à d'autres et de vendre lui-même. Le mandat exclusif réserve la commercialisation au professionnel, avec, selon la rédaction, une clause pénale en cas de vente conclue en dehors de lui. Le semi-exclusif se situe entre les deux, le vendeur conservant la possibilité de vendre par lui-même.

Le choix n'est pas qu'une affaire de préférence commerciale : il détermine ce que le professionnel peut engager en moyens. Un plan de commercialisation coûteux ne se finance pas sur un mandat que trois confrères détiennent aussi.

Obtenir une exclusivité sans la demander comme une faveur

L'argument le plus faible est celui qui parle du professionnel : sa notoriété, son fichier, son réseau. L'argument qui fonctionne parle du vendeur, et il est vérifiable : un plan de commercialisation daté, un engagement de compte rendu à échéance fixe, un dispositif de diffusion précis, un calendrier de révision de prix.

Ces engagements se rédigent et s'annexent au mandat. Ils transforment l'exclusivité en contrepartie plutôt qu'en concession, et ils donnent au professionnel une raison légitime de reprendre contact chaque semaine, ce que le mandat simple ne fournit jamais.

La découverte vendeur, en amont de tout

Un mandat se prépare avant le rendez-vous : origine de la propriété, situation du bien, contraintes de copropriété, diagnostics disponibles, projet du vendeur et calendrier réel. Un vendeur qui doit acheter ailleurs pour une date donnée n'a pas le même rapport au prix qu'un vendeur sans contrainte.

Cette découverte sert aussi le devoir de conseil : elle fait apparaître les points qui devront être portés à la connaissance de l'acquéreur, et elle évite les mauvaises surprises entre compromis et acte authentique.

Ce que vous savez faire à la sortie

Cette matière dans le parcours complet

Elle appartient au module 05, Obtenir un mandat exclusif : prospection et découverte vendeur. Le parcours se suit entièrement en ligne, et l'attestation de formation est générée automatiquement et délivrée immédiatement à la fin du parcours.

Les autres matières

Selon votre situation d'exercice