Délai de rétractation de l'acquéreur : définition et règles en 2026
Le délai de rétractation de l'acquéreur est la période de dix jours où l'acheteur non professionnel d'un logement peut renoncer à l'avant-contrat, sans motif ni pénalité. Prévu par l'article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitation, il court du lendemain de la première présentation de la lettre notifiant l'acte, ou de sa remise en main propre par le professionnel mandaté.
Le guide complet : Le délai de rétractation de dix jours : point de départ et pièges
Aussi appelé : délai SRU, droit de rétractation de l'acquéreur, délai de réflexion.
Textes relus sur Légifrance le 11/10/2026, 6 sources citéesQue dit l'article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitation ?
Le texte vise tout acte ayant pour objet la construction ou l'acquisition d'un immeuble à usage d'habitation, la souscription de parts donnant vocation à l'attribution d'immeubles d'habitation, la vente d'immeubles à construire et la location-accession. Il protège l'acquéreur non professionnel, qui peut se rétracter dans un délai de dix jours. Un local exclusivement commercial ou un acquéreur professionnel n'entrent pas dans ce champ.
L'acte est notifié à l'acquéreur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, ou par tout autre moyen présentant des garanties équivalentes pour déterminer la date de réception ou de remise. La rétractation s'exerce dans les mêmes formes. L'acquéreur n'a pas à donner de motif.
Les actes indiquent, de manière lisible et compréhensible, les conditions et modalités d'exercice du droit de rétractation ou de réflexion. Tout manquement à cette obligation d'information est passible d'une amende administrative pouvant atteindre 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale, prononcée selon la procédure du code de la consommation.
Quand le délai ne commence pas à courir
En copropriété, l'article L. 721-3 du code de la construction et de l'habitation prévoit une sanction précise. Lorsque les documents relatifs à l'organisation de l'immeuble et les informations financières exigés par les 1° et 2° du II de l'article L. 721-2 ne sont pas remis à l'acquéreur au plus tard à la signature de la promesse, le délai de rétractation ne court qu'à compter du lendemain de leur communication. Cette communication se fait selon les mêmes modalités que la notification de la promesse.
La conséquence est lourde. Un dossier incomplet laisse ouvert un délai que tout le monde croyait purgé. L'acquéreur qui découvre, des semaines plus tard, un procès-verbal d'assemblée votant de gros travaux peut encore se rétracter, parce que son délai n'a jamais commencé.
Une remise en main propre sans les mentions manuscrites de l'article D. 271-6, ou une notification par un moyen qui ne permet pas d'établir la date de réception ou de remise, crée le même risque : le point de départ ne peut pas être prouvé. Dans le doute, le professionnel recommence la notification dans les formes, plutôt que de parier sur une date fragile.
Aucun versement avant la fin du délai
L'article L. 271-2 du code de la construction et de l'habitation interdit à quiconque de recevoir de l'acquéreur non professionnel un versement, à quelque titre que ce soit, avant l'expiration du délai de rétractation. Des exceptions existent pour certains contrats prévus par la loi, notamment les contrats préliminaires de vente d'immeubles à construire.
Une seconde exception concerne l'intermédiaire. Lorsque l'acte est conclu par un professionnel ayant reçu mandat pour prêter son concours à la vente, un versement peut être reçu s'il est effectué entre les mains d'un professionnel disposant d'une garantie financière affectée au remboursement des fonds déposés. Si l'acquéreur se rétracte, le professionnel dépositaire lui restitue les fonds dans un délai de vingt et un jours à compter du lendemain de la rétractation.
Lorsque l'acte est dressé en la forme authentique sans avant-contrat, aucune somme ne peut être versée pendant le délai de réflexion. Le même article punit de 30 000 euros d'amende le fait d'exiger ou de recevoir un versement, ou un engagement de versement, en méconnaissance de ces règles.
Ce que l'agent immobilier doit faire
À la signature d'un compromis en agence, l'agent remet un exemplaire à chaque acquéreur et fait porter, de leur main, les mentions de l'article D. 271-6. Il vérifie que l'acte reproduit l'article L. 271-2 et explique clairement le droit de rétractation. S'il notifie par lettre recommandée, il adresse une lettre à chacun des acquéreurs et conserve les preuves de première présentation.
Avant la signature, il réunit les pièces de l'article L. 721-2 quand le bien est en copropriété, et les annexe à la promesse. Il refuse tout chèque remis le jour de la signature s'il ne remplit pas lui-même les conditions de l'article L. 271-2. Un négociateur habilité ne peut de toute façon rien recevoir : l'article 4 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 lui interdit de détenir des fonds.
Il tient compte du délai dans son calendrier. Il ne transmet l'avant-contrat au notaire comme définitif qu'après expiration des dix jours, et il ne réclame aucun honoraire avant la conclusion effective de l'opération, comme l'impose l'article 6 de la même loi, sauf si le mandant agit dans le cadre de ses activités professionnelles. Les risques sont concrets : amende de 30 000 euros, amende administrative pour défaut d'information, vente remise en cause des semaines plus tard.
Exemple : deux calculs de délai
Exemple fictif. Un compromis est signé en agence le mardi 3 mars 2026 et remis en main propre aux deux acquéreurs, qui inscrivent les mentions manuscrites prévues. Le délai court à compter du lendemain, le mercredi 4 mars. Les dix jours couvrent la période du 4 au 13 mars inclus. Un versement entre les mains de l'agence n'est possible que si elle dispose d'une garantie financière affectée au remboursement des fonds déposés.
Second cas : le même compromis est signé à distance et notifié par lettre recommandée. La lettre est présentée pour la première fois le lundi 9 mars, mais l'acquéreur ne la retire que le samedi 14 mars. Le délai court à compter du mardi 10 mars, lendemain de la première présentation, et couvre la période du 10 au 19 mars inclus. Le retrait tardif ne décale rien.
Troisième cas : le bien est en copropriété, et les procès-verbaux des assemblées générales manquaient au compromis. Ils sont notifiés le 2 avril. Le délai de rétractation ne court qu'à compter du lendemain de cette communication, selon l'article L. 721-3. Pendant tout le mois de mars, l'acquéreur pouvait encore se rétracter.
Questions fréquentes : délai de rétractation de l'acquéreur
Le vendeur a-t-il aussi un délai de rétractation ?
Non. L'article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitation protège uniquement l'acquéreur non professionnel. Le vendeur est engagé dès la signature du compromis, sous réserve des conditions suspensives. Service-public.gouv.fr rappelle que le vendeur ne bénéficie d'aucun délai de réflexion. Il ne peut se dégager que dans les cas prévus par l'avant-contrat ou par la loi.
Le délai de rétractation s'applique-t-il à l'achat d'un local commercial ?
Non, en principe. Le texte vise les actes portant sur la construction ou l'acquisition d'un immeuble à usage d'habitation, les parts donnant vocation à l'attribution d'immeubles d'habitation, la vente d'immeubles à construire et la location-accession. Un local exclusivement commercial ou professionnel sort de ce champ. Un bien mixte, à usage professionnel et d'habitation, mérite une analyse au cas par cas avec le notaire.
Faut-il motiver sa rétractation ?
Non. L'acquéreur non professionnel n'a aucun motif à donner. Il exerce sa faculté dans les mêmes formes que la notification : lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou moyen présentant des garanties équivalentes. Si une somme a été versée à un professionnel garanti, celui-ci la restitue dans les vingt et un jours qui suivent le lendemain de la rétractation, selon l'article L. 271-2.
Le délai recommence-t-il à la signature chez le notaire ?
Non, si la vente a été précédée d'un compromis ou d'une promesse unilatérale. Le délai de dix jours ne s'applique alors qu'à cet avant-contrat. L'acte authentique qui suit n'ouvre aucun nouveau délai. Le délai de réflexion de dix jours ne concerne que l'acte authentique signé sans avant-contrat : il court à partir de la notification ou de la remise du projet d'acte.

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Les textes de référence
- Article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitationlegifrance.gouv.fr
- Article L. 271-2 du code de la construction et de l'habitationlegifrance.gouv.fr
- Article D. 271-6 du code de la construction et de l'habitationlegifrance.gouv.fr
- Article L. 721-3 du code de la construction et de l'habitationlegifrance.gouv.fr
- Fiche « Acte de vente d'un logement existant », service-public.gouv.frservice-public.gouv.fr
- Article L. 721-2 du code de la construction et de l'habitationlegifrance.gouv.fr
Voir aussi dans le glossaire
- Compromis de vente
- Promesse unilatérale de vente
- Avant-contrat
- Séquestre
- Acte authentique
- Contrat conclu hors établissement
Pour aller plus loin
- Le délai de rétractation de dix jours : point de départ et pièges
- Les diagnostics techniques obligatoires à la vente
- Formation ALUR 42h Transaction
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Comment calculer les dix jours ?
Par lettre recommandée, le délai court à compter du lendemain de la première présentation de la lettre. La date à laquelle l'acquéreur retire le pli au bureau de poste ne compte pas. Un acquéreur absent le jour du passage du facteur voit donc son délai courir quand même.
Quand l'acte est conclu par l'intermédiaire d'un professionnel ayant reçu mandat pour prêter son concours à la vente, il peut être remis directement à l'acquéreur. Le délai court alors à compter du lendemain de la remise. L'article D. 271-6 organise la preuve : l'acte remis reproduit l'article L. 271-2, et l'acquéreur y inscrit de sa main la mention « remis par ... à ... le ... » ainsi que la phrase par laquelle il déclare connaître le délai de dix jours et sa date de départ.
Lorsque la vente est précédée d'un compromis ou d'une promesse unilatérale, le délai ne s'applique qu'à cet avant-contrat. Lorsque l'acte authentique n'est précédé d'aucun avant-contrat, l'acquéreur dispose d'un délai de réflexion de dix jours à compter de la notification ou de la remise du projet d'acte, et l'acte ne peut en aucun cas être signé pendant ce délai. Le vendeur, lui, ne bénéficie d'aucun délai de réflexion, comme le rappelle service-public.gouv.fr.