Viager : définition et règles en 2026
Le viager est une vente immobilière dont le prix est payé, en tout ou partie, par une rente versée au vendeur jusqu'à son décès. Le contrat de rente viagère est régi par les articles 1968 à 1983 du code civil. Le vendeur, appelé crédirentier, reçoit souvent un capital à la signature, le bouquet. L'acquéreur, appelé débirentier, sert la rente.
Aussi appelé : vente en viager, rente viagère, viager occupé, viager libre, bouquet.
Textes relus sur Légifrance le 11/10/2026, 8 sources citéesViager occupé ou viager libre : quelle différence ?
En viager libre, l'acquéreur dispose du bien dès la signature. En viager occupé, le vendeur reste chez lui jusqu'à son décès, parce qu'il se réserve soit l'usufruit, soit un droit d'usage et d'habitation. La distinction vient de la pratique : aucun article ne lui est consacré.
Le choix change le prix. Un viager occupé se calcule sur la valeur vénale libre diminuée de la valeur du droit réservé. Aucun texte n'impose cette décote dans le prix ; pour les droits d'enregistrement, l'article 669 du code général des impôts fixe seulement la valeur de l'usufruit selon l'âge de l'usufruitier. L'usufruit permet d'habiter ou de louer. Le droit d'usage et d'habitation permet seulement de se loger, et le titre peut en fixer l'étendue.
L'acte doit donc nommer le droit réservé et en préciser le périmètre : quelles pièces, quelles dépendances, qui paie quels travaux. Un acte qui dit seulement que le vendeur « se réserve l'occupation » prépare un litige.
L'aléa, condition de validité du viager
Le viager repose sur l'aléa : au jour de la signature, personne ne sait combien de temps la rente sera versée, donc personne ne connaît le prix total. Le code civil tire deux conséquences de ce principe.
L'article 1974 prive d'effet le contrat de rente viagère créé sur la tête d'une personne déjà décédée au jour du contrat. L'article 1975 étend cette règle au contrat créé sur la tête d'une personne atteinte de la maladie dont elle est décédée dans les vingt jours de la date du contrat. Les trois conditions sont cumulatives : maladie au jour du contrat, décès causé par cette maladie, décès dans les vingt jours.
Hors de ce délai, l'aléa reste exigé. Service-public.gouv.fr rappelle que le décès du vendeur doit être imprévisible et que l'acheteur ne doit pas avoir eu connaissance d'une maladie dont le vendeur était atteint à la signature.
Rente impayée : pourquoi la clause résolutoire compte
L'article 1978 du code civil peut surprendre un vendeur. Le seul défaut de paiement des arrérages n'autorise pas le crédirentier à demander le remboursement du capital ni à reprendre le bien. Il peut seulement faire saisir et vendre les biens du débiteur pour assurer le service de la rente.
Le crédirentier peut inscrire dans l'acte une clause résolutoire expresse qui l'autorise à reprendre le bien si plusieurs rentes ne sont plus versées, rappelle service-public.gouv.fr. Elle ne se présume pas : sans elle, l'article 1978 s'applique. Vérifiez sa présence, son mode de déclenchement et le sort des sommes déjà versées.
L'article 1977 ajoute une protection : le crédirentier peut demander la résiliation si le débirentier ne lui donne pas les sûretés stipulées pour l'exécution du contrat. Si l'acquéreur décède le premier, la dette de rente entre dans sa succession : l'héritier qui accepte purement et simplement en répond, selon l'article 785 du code civil.
Comment la rente viagère est-elle imposée ?
L'article 158 du code général des impôts, au 6, ne soumet à l'impôt sur le revenu qu'une fraction des rentes viagères constituées à titre onéreux. Cette fraction dépend de l'âge du crédirentier lors de l'entrée en jouissance de la rente.
Elle est de 70 % si le crédirentier a moins de 50 ans, de 50 % entre 50 et 59 ans inclus, de 40 % entre 60 et 69 ans inclus, et de 30 % au-delà de 69 ans. La fraction est fixée une fois, à l'entrée en jouissance, et ne change plus ensuite. Un vendeur proche d'un anniversaire de seuil a donc intérêt à le savoir avant de fixer la date de signature.
Le bouquet n'est pas un revenu. Il relève, le cas échéant, du régime des plus-values immobilières, point à traiter avec le notaire. Ces seuils fiscaux peuvent être modifiés par une loi de finances : vérifiez l'article 158 avant chaque rendez-vous.
Ce que l'agent immobilier doit faire dans un dossier de viager
Commencez par le projet de vie du vendeur : rester chez lui ou partir. Cette réponse décide entre viager occupé et viager libre, avant tout chiffre. Établissez ensuite la valeur vénale libre avec soin : c'est le seul maillon du calcul que vous maîtrisez entièrement.
Ne prononcez aucun montant de rente en rendez-vous. Le notaire calcule la rente à partir de barèmes, selon notamment l'âge et l'espérance de vie du crédirentier, la valeur du bien et le bouquet, et le chiffre définitif vient de l'acte notarié. Ne posez aucune question médicale. Tenez une chronologie datée du dossier et transmettez au notaire, sans commentaire, toute information de santé déclarée spontanément.
Relisez le projet d'acte avec une liste : droit réservé nommé et délimité, clause résolutoire, clause d'indexation, répartition des charges et des travaux, conditions d'une libération anticipée du logement. Signalez chaque manque au notaire par écrit. Ne pressez jamais une signature.
Exemple chiffré de la fiscalité d'une rente
Exemple fictif : une vendeuse de 81 ans à l'entrée en jouissance perçoit une rente de 800 € par mois, soit 9 600 € par an. Elle a plus de 69 ans : la fraction imposable est de 30 %. Elle déclare 2 880 € au titre de l'impôt sur le revenu.
Un vendeur de 67 ans à l'entrée en jouissance, avec la même rente, relève de la tranche de 60 à 69 ans : la fraction est de 40 %, soit 3 840 € imposables chaque année. Si la rente ne commence qu'après son soixante-dixième anniversaire, la fraction tombe à 30 % pour toute la durée du contrat.
Les montants de rente sont fictifs. Les fractions sont celles de l'article 158 du code général des impôts en vigueur à la date de relecture de cette page.
Questions fréquentes : viager
Que se passe-t-il si le vendeur décède peu après la vente en viager ?
En principe, la vente reste valable : c'est l'aléa du contrat. L'article 1975 du code civil la prive d'effet si le vendeur était déjà atteint, au jour du contrat, de la maladie dont il est décédé dans les vingt jours. Au-delà, service-public.gouv.fr rappelle que l'acheteur ne doit pas avoir eu connaissance d'une maladie dont le vendeur était atteint à la signature.
Le vendeur peut-il récupérer son bien si la rente n'est pas payée ?
Seulement si l'acte contient une clause résolutoire. Sans elle, l'article 1978 du code civil ne lui permet ni de reprendre le bien ni de réclamer le capital : il peut seulement faire saisir et vendre les biens du débiteur pour assurer le paiement des arrérages. C'est le premier point à vérifier dans un projet d'acte.
Le montant de la rente viagère est-il encadré par la loi ?
Non. L'article 1976 du code civil laisse les parties fixer librement le taux de la rente. Le calcul part de la valeur du bien, diminuée de la valeur du droit réservé en viager occupé, puis du bouquet. Le solde est converti en rente selon des barèmes, que le notaire applique. Le chiffre final est celui de l'acte notarié.
Que devient la rente si l'acheteur meurt avant le vendeur ?
La dette de rente ne disparaît pas. Elle entre dans la succession de l'acquéreur : l'héritier qui accepte purement et simplement répond des dettes, selon l'article 785 du code civil, et doit continuer à servir la rente jusqu'au décès du crédirentier. Avant de signer, l'acquéreur doit donc vérifier que sa famille pourra assumer la rente, ou prévoir une solution dans l'acte.

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Les textes de référence
- Article 1975 du code civillegifrance.gouv.fr
- Article 1976 du code civillegifrance.gouv.fr
- Article 1978 du code civillegifrance.gouv.fr
- Article 158 du code général des impôtslegifrance.gouv.fr
- Article 1968 du code civillegifrance.gouv.fr
- Fiche « Achat ou vente en viager : quelles sont les règles ? », service-public.gouv.frservice-public.gouv.fr
- Article 669 du code général des impôtslegifrance.gouv.fr
- Article 785 du code civillegifrance.gouv.fr
Voir aussi dans le glossaire
- Démembrement de propriété
- Usufruit
- Nue-propriété
- Plus-value immobilière
- Estimation immobilière (avis de valeur)
- Acte authentique
Pour aller plus loin
- Formation ALUR 42h Patrimoine
- Fiscalité immobilière : l'essentiel pour conseiller
- Formation ALUR 42h Fiscalité
Fiscalité et patrimoine : les autres termes
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Comment fonctionne une vente en viager ?
L'article 1968 du code civil permet de constituer une rente viagère moyennant un immeuble. Le prix se décompose alors en deux flux : le bouquet, versé comptant à la signature, et la rente, versée périodiquement jusqu'au décès du crédirentier. Chaque échéance s'appelle un arrérage.
Bouquet et rente se partagent une même base de calcul. Plus le bouquet est élevé, plus la rente est faible. Le bouquet n'est pas obligatoire : un viager peut se conclure en rente seule. L'article 1976 laisse les parties fixer librement le taux de la rente.
La vente se signe par acte authentique. L'article 710-1 du code civil exige cette forme pour que l'acte soit publié au service de la publicité foncière, et c'est cette publication qui le rend opposable aux tiers. Une clause d'indexation, prévue dans l'acte, permet d'ajuster la rente dans le temps.