ALUR 42

Vice caché : définition et règles en 2026

Le vice caché est un défaut de la chose vendue, non apparent lors de la vente, qui la rend impropre à l'usage auquel on la destine, ou qui diminue tellement cet usage que l'acheteur ne l'aurait pas acquise ou en aurait donné un moindre prix. L'article 1641 du code civil en met la garantie à la charge du vendeur.

Aussi appelé : garantie des vices cachés, défaut caché, vice rédhibitoire, clause de non-garantie.

Textes relus sur Légifrance le 11/10/2026, 6 sources citées

Que dit l'article 1641 du code civil ?

L'article 1641 pose la garantie du vendeur à raison des défauts cachés de la chose vendue. Le défaut doit être caché. Il doit aussi être grave : il rend le bien impropre à l'usage auquel on le destine, ou il en diminue tellement l'usage que l'acheteur ne l'aurait pas acquis, ou en aurait donné un moindre prix, s'il l'avait connu.

L'article 1642 écarte les vices apparents dont l'acheteur a pu se convaincre lui-même. Une fissure visible en visite, une tache d'humidité au plafond, un tableau électrique hors d'âge sous les yeux de l'acquéreur sont des vices apparents, dès lors qu'il a pu s'en convaincre lui-même. C'est pourquoi tout ce qui se constate en visite doit être dit et écrit.

L'article 1649 exclut cette garantie dans les ventes faites par autorité de justice. Pour toutes les autres ventes immobilières, entre particuliers comme avec un professionnel, la garantie s'applique.

Les deux actions de l'acquéreur

L'article 1644 laisse le choix à l'acheteur. Il peut rendre le bien et se faire restituer le prix : c'est l'action rédhibitoire. Il peut aussi garder le bien et se faire rendre une partie du prix : c'est l'action estimatoire.

Ce que doit ensuite le vendeur dépend de ce qu'il savait. S'il ignorait le vice, l'article 1646 le limite à la restitution du prix et au remboursement des frais occasionnés par la vente. S'il connaissait le vice, l'article 1645 l'oblige en plus à tous les dommages et intérêts envers l'acheteur.

Le délai est court et précis. L'article 1648 impose d'intenter l'action dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice. Ce n'est pas la date de la vente qui compte, c'est celle de la découverte.

La clause de non-garantie protège-t-elle le vendeur ?

L'article 1643 tient le vendeur des vices cachés même s'il ne les connaissait pas, à moins qu'il n'ait stipulé qu'il ne sera obligé à aucune garantie. Cette stipulation est la clause de non-garantie, que les parties peuvent insérer dans l'acte.

Le texte limite son effet au vendeur qui ignorait le vice. Un vendeur qui connaissait le défaut et l'a tu ne peut pas s'abriter derrière la clause. C'est pour cela que le questionnaire du vendeur, les factures de travaux et les sinistres déclarés comptent autant.

L'article L. 271-4 du code de la construction et de l'habitation retire aussi le bénéfice de la clause dans un cas précis. Si, à la signature de l'acte authentique, manque en cours de validité le constat plomb, l'état amiante, l'état termites, l'état gaz, l'état électricité ou le document d'assainissement non collectif, le vendeur ne peut pas s'exonérer de la garantie des vices cachés correspondante.

Ce que l'agent immobilier doit faire lors des visites et du compromis

La garantie des vices cachés pèse sur le vendeur, pas sur l'intermédiaire. Mais la clause de non-garantie ne couvre jamais l'agent. Elle organise les rapports entre vendeur et acquéreur et ne dit rien de votre propre obligation d'information. L'article 8 du code de déontologie vous oblige à communiquer aux parties les informations utiles à une décision libre et éclairée.

Notez par écrit ce que vous voyez en visite. Interrogez le vendeur sur les sinistres, les infiltrations, les traitements contre les insectes, les travaux de structure, et conservez ses réponses. Transmettez l'information à l'acquéreur avant le compromis et faites-la figurer dans l'avant-contrat.

Ne qualifiez pas vous-même un désordre technique. Dites ce que vous voyez, renvoyez au diagnostic ou à un homme de l'art, et vérifiez que chaque diagnostic sera en cours de validité le jour de l'acte. Un diagnostic périmé à l'acte rend la clause inopérante sur ce point.

Les erreurs qui coûtent cher

Croire que la vente « en l'état » règle tout. La clause ne joue que pour le vendeur qui ignorait le vice et, pour les risques couverts par les diagnostics de l'article L. 271-4, seulement si le diagnostic correspondant est en cours de validité à l'acte. Un vendeur rassuré à tort signera sans prendre les précautions qui l'auraient protégé.

Laisser passer une information orale. Un vendeur qui vous dit avoir « traité les termites il y a dix ans » vous donne un fait que l'acquéreur doit connaître. Si vous le gardez pour vous, sa connaissance du vice deviendra un sujet, et votre silence aussi.

Rassurer l'acquéreur sur un point technique. Une phrase comme « ce n'est rien, c'est superficiel » transforme une observation en promesse. Elle se retrouve ensuite dans un courrier d'avocat.

Exemple d'un vice découvert après la vente

Exemple fictif : une maison est vendue 280 000 € entre particuliers avec une clause de non-garantie. Huit mois après l'acte, l'acquéreur découvre une charpente attaquée par des insectes à larves xylophages, dissimulée derrière un doublage récent. Le devis de reprise s'élève à 35 000 €.

Si le vendeur ignorait le défaut et que les diagnostics étaient à jour, la clause le protège. Si le vendeur avait fait poser le doublage pour cacher les dégâts, la clause tombe : l'acquéreur peut garder la maison et demander une partie du prix, et réclamer des dommages et intérêts au titre de l'article 1645.

Si la maison se trouve en zone termites et que l'état relatif aux termites manquait ou était périmé à l'acte, la clause ne joue pas pour les termites, même si le vendeur était de bonne foi. Dans tous les cas, l'acquéreur dispose de deux ans à compter de la découverte.

Questions fréquentes : vice caché

Quel est le délai pour agir en garantie des vices cachés ?

Deux ans à compter de la découverte du vice, selon l'article 1648 du code civil. Le point de départ n'est donc pas la date de la vente. Pour la vente d'un immeuble à construire, le même article prévoit un régime propre aux vices apparents : l'action doit être introduite dans l'année qui suit la date à laquelle le vendeur peut en être déchargé.

Une clause de non-garantie protège-t-elle toujours le vendeur ?

Non. L'article 1643 du code civil ne l'admet que pour les vices que le vendeur ne connaissait pas. Et l'article L. 271-4 du code de la construction et de l'habitation l'écarte, pour le risque concerné, lorsqu'un diagnostic plomb, amiante, termites, gaz, électricité ou assainissement non collectif manque ou n'est plus valable à la signature de l'acte.

L'agent immobilier est-il responsable d'un vice caché ?

Il n'est pas garant au sens de l'article 1641 du code civil : la garantie pèse sur le vendeur. Sa responsabilité peut en revanche être recherchée s'il connaissait le désordre et ne l'a pas signalé, ou s'il a rassuré l'acquéreur sans fondement. La clause de non-garantie insérée dans le compromis ne le protège pas.

Un défaut visible lors de la visite peut-il être un vice caché ?

En principe non. L'article 1642 du code civil dispense le vendeur de garantir les vices apparents, à condition que l'acheteur ait pu s'en convaincre lui-même. C'est la raison pour laquelle un défaut visible doit être montré, nommé et écrit dans l'avant-contrat. Il protège alors le vendeur, et il évite à l'agent un reproche de dissimulation.

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