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Financer sa formation · Mis à jour le

Formation ALUR et micro-entreprise

Le régime de la micro-entreprise ne dispense de rien. Un mandataire ou un agent commercial en micro-entreprise, habilité par un titulaire de carte professionnelle, est soumis à la même obligation de formation continue que les autres collaborateurs. Son financement dépend de la contribution à la formation professionnelle qu'il verse à l'URSSAF avec ses déclarations de chiffre d'affaires : sans chiffre d'affaires déclaré, aucune contribution n'est due et aucun droit n'est ouvert. Le fonds compétent découle de la nature de l'activité déclarée, et l'attestation de contribution délivrée par l'URSSAF est la pièce qui le désigne avec certitude.

La micro-entreprise est le statut le plus mal traité sur ce sujet, parce qu'on le confond avec une exonération. C'est un régime de simplification, pas une dispense.

CCI, Chambre de commerce et d'industrie

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Attestation conforme au décret n° 2016-173

La micro-entreprise n'est pas un statut, c'est un régime

Beaucoup de professionnels parlent du statut d'auto-entrepreneur comme d'une catégorie juridique à part. C'en est une au regard des formalités et du calcul des cotisations, ce n'en est pas une au regard de la formation professionnelle. Derrière le régime micro, il y a toujours une activité commerciale, libérale ou artisanale, et c'est cette activité qui commande.

Cette confusion produit deux erreurs symétriques. La première consiste à croire qu'un micro-entrepreneur n'a droit à rien, ce qui est faux dès lors qu'il cotise. La seconde consiste à croire qu'il est dispensé d'obligation de formation, ce qui est faux dans tous les cas.

Poser correctement la question revient donc à se demander, comme pour n'importe quel indépendant, sous quelle activité vous êtes déclaré et à quel fonds votre contribution est versée. Le reste en découle.

L'obligation de formation s'applique pleinement

L'article 3-1 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dans sa rédaction issue de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014, vise les titulaires de la carte professionnelle, leurs représentants légaux et statutaires, ainsi que les collaborateurs habilités. Le décret n° 2016-173 du 18 février 2016 en fixe les modalités.

Un mandataire en micro-entreprise entre dans la catégorie des collaborateurs habilités dès lors qu'il dispose d'une attestation d'habilitation délivrée par le titulaire de la carte. Aucune disposition ne module cette obligation en fonction du régime fiscal ou du niveau de chiffre d'affaires.

La conséquence est directe : sans les heures validées et les attestations correspondantes, l'habilitation n'est pas renouvelée. Un micro-entrepreneur qui néglige ce point se retrouve dans l'impossibilité d'exercer, exactement comme un salarié ou un gérant.

La contribution à la formation professionnelle

Le micro-entrepreneur verse une contribution à la formation professionnelle calculée en pourcentage de son chiffre d'affaires, prélevée en même temps que ses cotisations sociales au moment de sa déclaration mensuelle ou trimestrielle. Le taux dépend de la nature de l'activité, et il est fixé par voie réglementaire.

Nous ne publions pas ce taux, comme nous ne publions aucun barème : ces valeurs évoluent et une page qui en porte une périmée induit le lecteur en erreur. Le montant réellement prélevé figure sur vos avis de cotisation, et c'est cette information-là qui compte pour votre dossier.

Cette contribution est ce qui ouvre vos droits. Elle est aussi ce qui permet à l'URSSAF de délivrer l'attestation de contribution à la formation professionnelle, pièce systématiquement demandée par les fonds d'assurance formation.

Le piège du chiffre d'affaires nul

La contribution étant assise sur le chiffre d'affaires, une période sans encaissement ne génère aucun versement. Un micro-entrepreneur qui déclare zéro ne cotise pas à la formation, et n'ouvre donc aucun droit pour la période concernée.

C'est le point de blocage le plus fréquent, et il frappe précisément ceux qui en auraient le plus besoin : les professionnels qui démarrent, ceux qui traversent une année difficile, ceux qui viennent de rejoindre un réseau. Le fonds refuse alors le dossier sur ce seul motif, sans considération pour la qualité de la formation ni pour le caractère obligatoire de l'obligation.

Face à cette situation, la seule réponse utile est de se former quand même et de conserver la facture. L'obligation ne dépend pas du financement, et une habilitation perdue coûte infiniment plus qu'une formation autofinancée.

Identifier le fonds compétent

Le fonds destinataire de votre contribution dépend de la nature de votre activité telle qu'elle est enregistrée. Les agents commerciaux et les professionnels exerçant à titre libéral relèvent le plus souvent du FIFPL. Les activités commerciales relèvent le plus souvent de l'AGEFICE. Les activités artisanales relèvent du FAFCEA.

Ne devinez pas à partir de votre métier : l'immobilier peut être déclaré sous plusieurs catégories, et deux mandataires du même réseau peuvent se trouver rattachés à des fonds différents selon la façon dont leur activité a été enregistrée au démarrage.

L'attestation de contribution délivrée par l'URSSAF indique le fonds destinataire. C'est la seule source qui tranche, et elle prime sur toute déduction faite à partir d'un intitulé d'activité ou d'un usage de réseau.

Quand le code d'activité ne correspond pas à l'exercice réel

C'est une difficulté fréquente. Un professionnel s'est déclaré sous une activité de conseil, de prestation de services ou d'apport d'affaires au moment de la création, puis exerce en réalité comme mandataire en immobilier. Le fonds constate alors une incohérence entre l'activité déclarée et la formation demandée.

Le refus qui en découle n'est pas contestable sur le fond : le fonds ne finance que les formations en lien avec l'activité au titre de laquelle la contribution a été versée. Argumenter sur la réalité de votre métier ne changera rien tant que la déclaration ne l'aura pas rattrapée.

La solution passe par une régularisation de votre code d'activité auprès de l'organisme compétent, puis par un nouveau dépôt une fois la situation à jour. Cette démarche prend du temps, ce qui est une raison de plus pour vérifier ce point en début de cycle et non à trois mois de l'échéance.

Le remboursement, et ce qu'il implique pour votre trésorerie

Les fonds de non-salariés fonctionnent souvent par remboursement : vous réglez la formation, vous la suivez, puis vous transmettez la facture acquittée et l'attestation pour être remboursé. Vous avancez donc la dépense, parfois plusieurs semaines.

Certains dispositifs pratiquent la subrogation, avec un paiement direct à l'organisme de formation. Ce n'est pas la règle générale pour ce public, et cela ne se choisit pas : renseignez-vous avant de vous inscrire plutôt que de compter sur une avance qui n'existe pas.

Anticipez également le fait que la demande doit être déposée avant le début de la formation. Le dossier consacré à la demande préalable explique pourquoi ce point ne souffre aucune exception utile.

Le traitement comptable et fiscal

Le régime micro repose sur un abattement forfaitaire appliqué au chiffre d'affaires, censé représenter les charges. Vous ne déduisez donc aucune charge réelle, et le coût de votre formation ne vient pas diminuer votre base imposable en plus de cet abattement.

C'est une différence notable avec un indépendant au réel, pour qui la formation professionnelle constitue une charge déductible. Elle mérite d'être connue lorsque vous comparez les régimes, sans être à elle seule un critère de choix.

Sur les mécanismes fiscaux propres au chef d'entreprise, dont l'existence a varié au fil des lois de finances, ne vous fiez à aucune page web, y compris celle-ci : posez la question à votre expert-comptable ou au service des impôts des entreprises pour l'année en cours.

Le mandataire de réseau en micro-entreprise

C'est le profil le plus répandu. Le mandataire est habilité par le titulaire de la carte, exerce en indépendant sous régime micro, et se voit souvent proposer une formation par sa tête de réseau.

Si le réseau prend la formation en charge, vérifiez deux choses : que l'organisme est certifié, et que l'attestation sera établie à votre nom avec le détail des heures et des thèmes. C'est vous qui la produirez au renouvellement de votre habilitation, pas le réseau.

Si vous financez vous-même, vous relevez du circuit décrit plus haut. Et si vous quittez le réseau, vos heures et vos attestations partent avec vous : le dossier consacré au changement de statut en cours de cycle détaille ce point.

Sortir du régime micro en cours de cycle

Un dépassement de seuil, ou un choix de gestion, peut vous faire passer du régime micro au régime réel sans que votre activité change de nature. Votre fonds d'assurance formation reste alors le même, puisqu'il est déterminé par l'activité et non par le régime fiscal.

Ce qui change, c'est l'assiette de votre contribution, qui n'est plus calculée sur le chiffre d'affaires déclaré mais selon les règles applicables à votre nouveau régime. Le montant appelé et le mode de recouvrement évoluent, la logique d'ouverture des droits ne bouge pas.

Vérifiez simplement, après la bascule, que votre contribution continue d'être appelée et versée. Une période de transition mal gérée peut créer un trou de cotisation, et donc un trou de droits, que vous ne découvrirez qu'au moment de déposer un dossier.

Micro-entreprise et emploi salarié en parallèle

Beaucoup de professionnels de l'immobilier cumulent un poste salarié et une activité de mandataire en micro-entreprise. Ils cotisent alors deux fois, sur deux circuits qui ne communiquent pas : l'OPCO de leur employeur d'un côté, leur fonds d'assurance formation de l'autre.

L'employeur ne finance que ce qui relève du contrat de travail. Il n'a aucune obligation, ni même la possibilité, de faire prendre en charge une formation au titre de votre activité indépendante. Inversement, votre fonds ne financera pas une action liée à votre emploi salarié.

Puisque l'obligation de formation est unique et personnelle, une même action ne se finance qu'une fois. Choisissez le circuit en fonction du délai d'instruction, du mode de règlement et de votre souhait ou non d'associer votre employeur à la démarche.

La marche à suivre, dans l'ordre

Demandez d'abord votre attestation de contribution à la formation professionnelle à l'URSSAF. Elle vous dira en une page si vous avez des droits ouverts et auprès de quel fonds. Tant que vous n'avez pas ce document, tout le reste est de la spéculation.

Vérifiez ensuite la cohérence de votre activité déclarée avec l'exercice de votre métier, et régularisez si nécessaire avant de déposer quoi que ce soit. Puis prenez connaissance des conditions et du délai de dépôt en vigueur auprès de votre fonds.

Réunissez enfin les pièces de l'organisme de formation, devis, programme détaillé, contrat et justificatif de certification, et déposez avant le début de la formation. La page consacrée au dossier de financement récapitule ce parcours étape par étape.

Questions fréquentes

Un micro-entrepreneur est-il soumis à l'obligation de formation ALUR ?
Oui, dès lors qu'il est habilité par un titulaire de carte professionnelle. Le régime micro est un mode de calcul simplifié des cotisations, il n'emporte aucune dispense au regard de la loi Hoguet et du décret du 18 février 2016.
Ai-je droit à une prise en charge si je n'ai déclaré aucun chiffre d'affaires ?
Non. La contribution à la formation professionnelle est assise sur le chiffre d'affaires : sans déclaration, aucune contribution n'est due et aucun droit n'est ouvert pour la période concernée.
Quel fonds finance un mandataire immobilier en micro-entreprise ?
Celui auquel votre contribution est versée, qui dépend de la nature de votre activité déclarée. Le FIFPL est le cas le plus fréquent pour les agents commerciaux, mais seule l'attestation URSSAF le confirme avec certitude.
Comment obtenir mon attestation de contribution à la formation professionnelle ?
Elle se demande à l'URSSAF depuis votre espace en ligne. Faites-le avant de choisir votre formation : si le document révèle un problème, il vaut mieux le découvrir à ce stade.
Mon code d'activité ne correspond pas à l'immobilier, est-ce bloquant ?
Souvent oui. Le fonds ne finance que les formations en lien avec l'activité au titre de laquelle vous cotisez. Régularisez votre déclaration avant de déposer, la démarche prend du temps.
Le coût de la formation est-il déductible en micro-entreprise ?
Non au sens des charges réelles : le régime micro applique un abattement forfaitaire censé les représenter. Interrogez votre expert-comptable pour votre situation précise.
Faut-il avancer les frais ?
Le plus souvent oui, les fonds de non-salariés fonctionnant fréquemment par remboursement après la formation. Vérifiez le mécanisme applicable auprès de votre fonds avant de vous inscrire.
Mon réseau paie ma formation, ai-je encore une démarche à faire ?
Vous n'avez pas de dossier de financement à déposer si vous n'engagez aucune dépense. Vérifiez en revanche que l'organisme est certifié et que l'attestation est bien établie à votre nom, avec le détail des heures et des thèmes.

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Le parcours se suit entièrement en ligne, à votre rythme, déontologie et non-discrimination comprises. L'attestation de formation est générée automatiquement à la fin du parcours, et c'est elle que vous produirez à votre chambre de commerce.

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