ALUR 42

Agent commercial immobilier : définition et règles en 2026

L'agent commercial immobilier est un mandataire indépendant habilité par le titulaire d'une carte professionnelle à négocier pour son compte. L'article 4 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 le soumet au statut des agents commerciaux du code de commerce et à une assurance obligatoire. Il ne peut ni détenir de fonds, ni rédiger d'actes autres que des mandats, ni diriger une agence.

Le guide complet : Agent commercial en immobilier : votre statut et votre formation

Aussi appelé : mandataire immobilier, mandataire en réseau, conseiller immobilier indépendant, RSAC.

Textes relus sur Légifrance le 11/10/2026, 7 sources citées

Quel est le statut de l'agent commercial en immobilier ?

L'article L. 134-1 du code de commerce définit l'agent commercial comme un mandataire qui, à titre de profession indépendante, sans contrat de louage de services, est chargé de façon permanente de négocier et éventuellement de conclure des contrats au nom et pour le compte d'autrui. Il peut être une personne physique ou une personne morale, et il s'immatricule au registre spécial des agents commerciaux. En immobilier, toutefois, une personne morale ne peut pas obtenir d'attestation d'habilitation, selon service-public.gouv.fr.

L'article 4 de la loi Hoguet fait le lien avec l'immobilier. Toute personne habilitée par un titulaire de la carte à négocier, s'entremettre ou s'engager pour son compte relève du chapitre du code de commerce consacré aux agents commerciaux lorsqu'elle n'est pas salariée. C'est le cas du mandataire indépendant d'un réseau ou d'une agence.

L'agent commercial n'est pas titulaire de la carte. Il agit sous la carte de son mandant, grâce à une attestation d'habilitation. Il peut donc dire qu'il est mandataire ou conseiller indépendant, mais pas qu'il est « agent immobilier » : l'article 14 de la loi réserve cette dénomination aux titulaires de la carte.

Habilitation, registre et assurance : les conditions pour démarrer

L'attestation d'habilitation est établie sur un modèle fixé par arrêté, visée par le président de la chambre de commerce et d'industrie, puis remise par le titulaire de la carte (article 9 du décret n° 72-678). Elle précise la qualité et l'étendue des pouvoirs. La CCI perçoit 55 € pour cette démarche selon l'arrêté du 10 février 2020. Le nom et la qualité de l'agent figurent dans les mandats et conventions qu'il contribue à conclure.

L'immatriculation au registre spécial se fait avant de commencer, au greffe du tribunal de commerce du domicile, selon l'article R. 134-6 du code de commerce. Tout changement des mentions déclarées donne lieu à une nouvelle déclaration.

L'agent doit enfin s'assurer en responsabilité civile professionnelle et pouvoir le justifier à tout moment (article 4 de la loi, article 49 du décret). Négocier pour le compte d'un titulaire sans habilitation régulière est puni par l'article 14 de la loi de six mois d'emprisonnement et de 7 500 € d'amende.

Ce que l'agent commercial ne peut pas faire

L'article 4 de la loi pose trois interdictions. L'agent commercial ne peut pas recevoir ou détenir, directement ou indirectement, des sommes d'argent, des biens, des effets ou des valeurs, ni en disposer, à l'occasion de son activité. Aucun chèque, aucun acompte, aucun dépôt de garantie ne transite par lui, même pour être transmis le lendemain.

Il ne peut pas donner de consultations juridiques ni rédiger d'actes sous seing privé, à l'exception des mandats conclus au profit du titulaire de la carte. Il peut donc faire signer un mandat de vente au nom de son réseau, mais la rédaction de l'avant-contrat revient au titulaire de la carte ou au notaire.

Il ne peut pas assurer la direction d'un établissement, d'une succursale, d'une agence ou d'un bureau. Un agent commercial qui ouvre une vitrine à son nom et la fait fonctionner comme une agence se place hors du cadre légal.

Le contrat avec le réseau : intérêt commun et indemnité de fin

L'article L. 134-4 du code de commerce qualifie le contrat de mandat d'intérêt commun. Les rapports entre l'agent et son mandant sont régis par une obligation de loyauté et un devoir réciproque d'information. L'agent exécute son mandat en bon professionnel ; le mandant doit le mettre en mesure de l'exécuter.

À la cessation du contrat, l'article L. 134-12 ouvre à l'agent un droit à une indemnité compensatrice du préjudice subi. Il perd ce droit s'il ne notifie pas au mandant, dans l'année qui suit la cessation, qu'il entend le faire valoir. Ses ayants droit en bénéficient en cas de décès.

L'article L. 134-13 écarte l'indemnité dans trois cas : faute grave de l'agent, rupture à son initiative sans circonstances imputables au mandant ni raison d'âge, d'infirmité ou de maladie, et cession du contrat à un tiers avec l'accord du mandant. Exemple : un mandataire qui quitte son réseau pour en rejoindre un autre, sans reproche à formuler à l'ancien, n'a pas droit à l'indemnité. Celui dont le réseau rompt le contrat sans faute grave peut la réclamer, à condition de le notifier dans l'année.

Formation continue et financement

L'article 1er du décret n° 2016-173 soumet à la formation continue les personnes habilitées par le titulaire de la carte, « salariées ou non ». L'agent commercial doit donc 14 heures par an ou 42 heures sur trois années consécutives d'exercice, dont au moins deux heures de non-discrimination à l'accès au logement et deux heures d'autres règles déontologiques sur trois ans.

Les heures sont valables si elles sont suivies auprès d'un organisme de formation enregistré ou déclaré, et si elles ont un lien direct avec l'activité exercée. Le financement dépend du statut et du code NAF : le FIF PL, par exemple, publie ses critères de prise en charge par code NAF, dont 6831ZA pour les agents immobiliers. Vérifiez votre code avant de déposer une demande de prise en charge.

Le titulaire de la carte veille à la formation de ses collaborateurs (article 4 du code de déontologie). Transmettez-lui chaque attestation après chaque formation, comme le prévoit l'article 6 du décret n° 2016-173, et gardez-en une copie.

Ce que l'agent commercial doit vérifier et conserver

Avant votre premier rendez-vous, vérifiez que vous détenez une attestation d'habilitation visée et en cours, que l'étendue de vos pouvoirs y est claire, que votre immatriculation est faite et que votre attestation d'assurance couvre la période. L'article 5 du code de déontologie oblige d'ailleurs le titulaire à contrôler ces deux derniers points.

Conservez dans un même dossier l'attestation d'habilitation, l'extrait d'immatriculation, l'attestation d'assurance, le contrat d'agent commercial, et toutes vos attestations de formation. Présentez l'attestation d'habilitation à toute personne qui la demande, comme le prévoit l'article 6 du code de déontologie.

À la fin du contrat, restituez l'attestation : l'article 9 du décret impose de la rendre dans les vingt-quatre heures d'une demande faite par lettre recommandée. Notifiez dans le même temps, si vous y avez droit, votre demande d'indemnité.

Questions fréquentes : agent commercial immobilier

Un agent commercial immobilier peut-il rédiger un compromis de vente ?

Non. L'article 4 de la loi Hoguet lui interdit de rédiger des actes sous seing privé, sauf les mandats conclus au profit du titulaire de la carte, et de donner des consultations juridiques. L'avant-contrat est rédigé par le titulaire de la carte ou par le notaire. L'agent peut en revanche organiser les visites et négocier.

Un mandataire en réseau doit-il suivre la formation continue ?

Oui. Le décret n° 2016-173 vise les personnes habilitées par le titulaire de la carte, salariées ou non. Le mandataire doit 14 heures par an ou 42 heures sur trois années consécutives d'exercice, avec au moins deux heures de non-discrimination et deux heures de déontologie sur trois ans.

Quelle différence entre agent commercial et négociateur salarié ?

Les deux sont habilités par le titulaire de la carte et soumis aux mêmes interdictions : pas de fonds, pas d'actes autres que des mandats, pas de direction d'agence. L'agent commercial est indépendant, immatriculé au registre spécial des agents commerciaux et assuré personnellement. Le négociateur salarié est lié par un contrat de travail.

L'agent commercial a-t-il droit à une indemnité quand le réseau met fin au contrat ?

En principe oui : l'article L. 134-12 du code de commerce prévoit une indemnité compensatrice. Il doit notifier au réseau, dans l'année de la cessation, qu'il entend la réclamer. L'indemnité n'est pas due en cas de faute grave, de départ à son initiative sans motif imputable au réseau, ou de cession du contrat à un tiers.

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Les textes de référence

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